L’église
Cette église est mentionnée dans de nombreux documents. La première parlant d’un lieu de culte se trouve dans une charte de 507. En 959 un prieuré de Bénédictins est cité, suivi en 1013 de l’évocation d’une « celle » qui désigne un sanctuaire. En 1095 il est question d’un prieuré disputé entre les abbés de La Chaise Dieu et Cluny. Le différent entre ces abbayes importantes montre l’intérêt financier de la ville, lieu de passage et de commerce. Initialement dépendant du premier, celui de Bort sera attribué à Cluny et c’est sous la tutelle de cette abbaye illustre, que l’église romane de Bort aurait été édifiée vers 1130.
Cette dernière a été quasi intégralement détruite dans des circonstances aujourd’hui inconnues et l’architecture du Bâtiment actuel date, pour l’essentiel, de la fin du 15ème siècle (1470). De nouveaux travaux, extension ou restauration, ont été entrepris au 19ème et au 20ème siècle.






Ce qui est étonnant à l’intérieur de l’église c’est la faible présence de témoins de l’architecture romane. Seuls 6 colonnes et 9 chapiteaux, sont réemployés dans l’église actuelle, ainsi qu’un arc doubleau à l’entrée du chœur. D’après les découvertes faites dans le clocher, on peut l’identifier comme un des trois arcs diaphragmes surmontés de baies géminées matérialisant la croisée du transept de l’église romane. Cette caractéristique architecturale se retrouve dans les grandes églises romanes de haute Auvergne, telles que St Saturnin, St Nectaire, Orcival et Notre Dame du Port à Clermont.
L’église romane de Bort était donc bien plus grande en longueur et hauteur que l’actuelle, ses dimensions étant à cette époque sensiblement équivalentes à Orcival. Elle était probablement dotée, comme les 4 autres, de tribunes au-dessus des collatéraux, d’un déambulatoire avec chapelles rayonnantes, autour du chœur et peut être même d’une crypte comme à Orcival.
L’enceinte
Il reste peu de vestiges des fortifications qui ceignaient la ville. L’urbanisme suit souvent le tracé de l’enceinte comme le long du boulevard Voltaire, ou dans les tracés des parcelles cadastrales. On trouve souvent des traces de courtine en infrastructure des maisons ou des murs de jardin. Il reste seulement deux tours dans la portion linéaire entre le Bessac et la rue de Paris. On ne sait rien des portes. Sur le plan du 17ème deux apparaissent clairement à l’ouest et à l’est au niveau du pont. Cette dernière devait être monumentale car il existe dans un jardin tout proche, des consoles de machicoulis, comme à l’église ou au couvent. On peut d’ailleurs supposer l’existence d’une troisième porte dans ce secteur.

Le couvent
Le couvent a subi de très nombreux remaniements, mais on retrouve dans le mur ouest des caves, de gros blocs en maçonnerie de pierre, témoins d’un ancien rempart ayant servi d’enclos prieural, probablement antérieur à celui qui ceinturait la ville et qui en 1437 l’a inclus dans son tracé. La tour du couvent avec ses consoles et poutres de machicoulis en bois est certainement le plus ancien bâtiment de Bort, peut être contemporain de l’église romane presque intégralement détruite.
Le couvent a subi, comme l’église de nombreuses vicissitudes, car sur le plan du 17ème seule la tour apparait comme bâtiment conventuel.




La maison Coudert
Cette maison était la résidence du prévôt, qui assurait la police et l’ordre sur la commune de Bort. Les portes que l’on distingue en contrebas de l’escalier, étaient au moyen âge l’accès aux cellules des prisonniers. Les façades du 16ème siècle ont malheureusement perdu leurs meneaux en pierre, dont seuls subsistent les empreintes. Bien que très altérées, on distingue le beau travail de mouluration sur les montants et le linteau de la grande fenêtre du 16ème. La porte de la façade en retrait avec son linteau à crossette, est surmontée d’une pierre sculptée en saillie dont le motif fait penser à une tête de personnage.



Cave de la Mairie
L’escalier à vis a aujourd’hui disparu, mais le vestige de la première marche témoigne de son ancienne existence. Cette porte était donc l’entrée d’une maison desservie par une courette donnant également accès au volume mitoyen, dont la colonne à facette, supportait à l’origine un plancher en bois et non une voute comme actuellement. Le jambage en pierres de tailles appartenait à la porte d’un troisième volume, lui aussi accessible par cet espace extérieur.

Le presbytère
Cette maison est riche de ses boiseries de très belle facture style Louis XV. Ces maisons bourgeoises avaient leurs façades doublées de panneaux de bois pour des raisons esthétiques mais aussi thermiques. La peinture datable de la fin du XVIIIème ou début XIXème montre une rue de Paris sans continuité urbaine, alors que celle-ci existait au moyen âge. On distingue nettement le début de la rue Lina Margy, qui à l’époque portait un autre nom.
Marmontel
L’année 2023 marque le 300ème anniversaire de la naissance du plus illustre des bortois. Beaucoup d’éléments du patrimoine dans la ville s’y référent, depuis le collège en passant devant le buste sur la place qui porte son nom, en cheminant dans la rue de Paris devant sa maison natale jusqu’à la halle aux grains ou est conservé sa stèle funéraire.



Le château de Val
Bien que situé sur la commune de Lanobre dans le Cantal, Val, depuis sa vente symbolique à la commune de Bort par EDF, est indissociable de l’histoire récente de notre ville. Lieux de visite incontournable, cet édifice est un modèle d’équilibre architectural, souligné par les eaux du lac dans lequel il se reflète. La construction est, pour l’essentiel, des 14 et 15ème siècle, mais en y regardant mieux, on distingue à la base des tours, là ou les murs perdent de leur verticalité, une différence de taille et de couleur dans les maçonneries. Il s’agit des soubassements d’un château antérieur du 12ème siècle, lui-même succédant à d’autres constructions, dont la première était au 10ème siècle une simple motte castrale avec ses bâtiments en bois, profitant de la situation privilégiée qu’offrait cette éminence rocheuse dominant la Dordogne.







Le tunnel de la Fourcherie
Il serait peut-être instructif de revoir, dans l’histoire récente, les étapes de construction entre celle du barrage et le percement du tunnel ferroviaire. Une des causes avancées pour son abandon serait d’importantes venues d’eau. Mais le plafond de la galerie basse a été découpé pour y faire tomber des blocs de béton, déchets du chantier du barrage, avant la fin des travaux de celui-ci. Alors si la retenue n’existait pas, d’où venait cette eau.
Aujourd’hui on en manque, une source miraculeuse à Bort, quelle aubaine.

Les stèles
La campagne alentour n’est pas avare de blocs de pierre, plus ou moins gros et de formes différentes, mais la taille, la régularité et le nombre élevé de monolithes réemployés dans la construction de cet avant four de la campagne bortoise nous font imaginer qu’ils proviennent d’un espace funéraire gaulois, situé à proximité.






